Mercredi 8 mars dernier, dans le cadre du Mercredi des Blaches, La Fourmilière a organisé un débat pédagogique avec Florian Villemin, enseignant à l’école publique de Saint Romain de Lerps.

Une vingtaine de participant·es était présente pour échanger sur « Comment enseigner en Maternelle ? »

Retours sur ces échanges…

Florian Villemin est féru de pédagogie active. Il enseigne depuis 7 ans en maternelle et a rapidement décider de s’éloigner des modes traditionnels d’enseignement. Inspiré de diverses lectures, dont Céline Alvarez, il a mis en place des ateliers en autonomie depuis 5-6 ans. Ses récentes inspirations incluent aussi la permaculture humaine. Florian a différents livres en cours d’écriture, et c’est sur la base de son livre récemment publié « Enseigner en Maternelle » que les échanges ont démarré.

Quelques principes clés pour la pédagogie active :

– des choses simples, que les enfants puissent répéter de nombreuses fois, de façon autonome et que ce soit de réels apprentissages ;  revenir à une notion fondatrice simple dans une activité, sans s’éparpiller.
– des activités en libre service – c’est le cas aussi à la Fourmilière mais ce n’est pas encore la norme dans toutes les écoles/classes

peu d’ateliers sortis en même temps

– une attention accordée aux procédures (séquence prendre une feuille, coller son nom, déboucher son stylo…)

Accompagner les enfants dans l’autonomie, c’est une question de bien-être pour les enfants de manière générale, mais aussi pour les adultes, surtout en cas de classe avec de gros effectifs.

Après des échanges sur différents outils pour développer l’intérêt pour l’écrit, Florian Villemin a ensuite partagé un projet en cours au sein de sa classe avec Anaïs Gardou : l’initiation à la langue des signes et la sensibilisation au handicap et notamment à la surdité. Anaïs, présente au débat, a témoigné sur son intervention et sur comment la langue des signes, une langue à part entière, complémentaire de la langue française avec laquelle elle partage un patrimoine & culture communes, peut être un support d’apprentissage, notamment pour l’expression des émotions.

L’importance de la mémoire kinesthésique (apprendre via le corps) a ensuite été discutée : les apprentissages faits en motricité sont mieux retenus par les enfants, comme par les adultes.

Les participants ont ensuite souligné l’importance de l’ennui, comme piste pour stimuler la créativité, notamment dans un monde où tout est fait pour évacuer l’ennui (remplir nos agendas et celui de nos enfants, scroller sur son téléphone…).

Les échanges ont ensuite porté sur l’approche Montessori. Florian a souligné la nécessité de faire évoluer l’approche Montessori, comme l’avait souligné Maria Montessori elle-même. Il reprend cette démarche en élargissant un peu, un même matériel est par exemple utilisé avec une consigne évolutive selon le niveau de l’enfant, ce qui est moins le cas du matériel Montessori où la consigne est unique. Florian a indiqué s’inspirer de la permaculture humaine, l’art de s’adapter, de développer un système qui s’enrichit et est autosuffisant. En classe, cela se traduit par produire des connaissances, favoriser le bien-être et les apprentissages, créer un système qui permet aux enfants de s’épanouir.  Avec le matériel Montessori se pose aussi la question des moyens (tous les établissements n’ont pas tous les moyens de s’en procurer, notamment en quantité suffisante en cas de gros effectifs) et de la capacité à limiter en pratique l’accès à un atelier aux seuls enfants à qui cet atelier a été présenté par l’adulte (vs. laisser l’enfant explorer ou observer d’autres enfants, voire y être initiés par d’autres enfants).

Les bienfaits de l’apprentissage entre pairs ont ensuite été soulignés et illustrés par différentes anecdotes : les classes multi-niveaux sont intéressantes pour le brassage, la vie qui s’y développe. Les enfants peuvent expliquer un atelier aux autres enfants, et transmettre des apprentissages ; même si la notion n’est pas encore complètement ancrée, le fait de l’expliquer à un·e autre élève permet aussi d’ancrer leur propre apprentissage.

Après un rapide échange sur la place de l’évaluation (basée notamment sur l’observation pendant la classe et un système d’étoiles sur les fiches de consigne qui permet de suivre la progression), Florian a guidé les participant·es sur les différents ateliers mis à disposition, notamment : une table de livres de lecture, un atelier de mathématiques autour du principe de l’unité, un atelier de créativité avec des jeux de graphisme. Chaque atelier inclut une fiche de consigne avec 5 niveaux de consignes (fiche de progression).

Les échanges, riches et nombreux autour des ateliers, se sont conclus sur une note de gratitude pour la création d’un environnement qui permet aux enfants de développer leur confiance et de cultiver leur envie naturelle d’apprendre.

Confiance, bienveillance et entraide ont été citées comme des valeurs clés pour ce métier de passion qu’est le métier d’enseignant·e !

 

Merci à Florian et Joanna pour l’organisation de ce passionnant moment d’échange !

 

Le livre de Florian Villemin est disponible ici

 

 

 

 

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